Bernard Lazare, Dreyfusard et Nîmois

Lazare Bernard est né le 14 juin 1865 à Nîmes et mort il y a exactement 117 ans le 1 septembre 1903. Il est le premier des 4 enfants de Jonas Bernard et de Douce Noémie Rouget. Issue d’une famille juive du coté des Bernard et bourgeoise chez les Rouget, Lazare put étudier et après avoir obtenue son baccalauréat il partit pour la capitale accompagné de son ami et poète Éphraïm Mikhaël. Ensemble ils avaient pour but de conquérir le monde des lettres parisiennes. C’est à ces débuts en tant qu’auteur qu’il décida d’inversé son nom et son prénom pour devenir le célèbre Bernard Lazare.

Vous vous demandez surement pourquoi j’ai dit célèbre alors que peu d’entre vous le connaisse, je vais vous expliquer. Bernard Lazare a vécu dans une période particulière, la jeune 3 eme république venait de naître et des divisions apparaissaient en Europe. Prémices de la première guerre mondiale les 2 blocs, Alliance (Allemagne…) et Entente (France…), se formaient. Qui plus est l’antisémitisme battait son plein en France et dans toutes l’Europe.

Ce sont dans ces circonstances que lorsqu’on s’aperçue de l’envoie de document militaire sensible concernant le canon de 75 (la dernière arme de l’armée Française qui permit par la suite la victoire en 1918) à l’Allemagne, on accusa le capitaine juif Alfred Dreyfus en 1894. Voici le début de ce qui restera l’une des plus célèbres affaires judiciaires dans le monde : L’affaire Dreyfus

Alfred Dreyfus lors de la cérémonie de dégradation

Dès lors le frère de Dreyfus, Mathieu clamait l’innocence d’Alfred qui fut envoyé sur l’île du Diable en Guyane. Mathieu ne fut pas le seul à croire en l’innocence de son frère ainsi un homme nommé Bernard Lazare devint le premier des Dreyfusards. Le chef de file des différentes campagnes clamant l’innocence d’Alfred Dreyfus. Bernard écrivit un grand nombre de livre durant sa vie et une grande majorité d’entre eux concerné l’antisémitisme qu’il put défendre sur le terrain avec l’affaire Dreyfus dont il fut l’écrivain du premier ouvrage « L’Affaire Dreyfus – Une erreur judiciaire » paru en Belgique en 1896.

L’affaire prit un tournant 1897 quand le commandant Georges Picquart, nouveau chef des renseignements découvrit que le véritable traître était Charles Esterhazy. Sa découverte prouvant l’erreur de la justice et l’antisémitisme de la république puisque le procès en plus d’avoir accusé le mauvais homme ne s’était pas déroulé comme il se devait, l’états major décida de muter le commandent en provinces loin de la capitale. Cependant il eut le temps d’avertir les dreyfusards en rencontrant peu avant son départs, Mathieu Dreyfus, Bernard Lazare et d’autres. Peu après sa révélation se fut l’apogée de la campagne clamant l’innocence de Dreyfus avec la parution dans l’Aurore de lettre ouverte la plus célèbre du monde : « J’accuse » de Emile Zola.

Les dés étaient lancé et la France se coupa en deux mais Dreyfus après avoir vécu l’enfer et le déshonneur fut gracié par le président Emile Loubet. Cependant l’Affaire resta tabou et Bernard Lazare fut évincé de la société mais surtout de l’histoire avec la parution d’un précis de l’affaire par Docteur Oyon dans lequel il a put lire concernant un moment où il fut le seul à défendre Dreyfus « Nul ne s’occupait de l’affaire, sauf la famille Dreyfus ». Heureusement Charles Pèguy dans son essai Notre Jeunesse, se faisait témoins « des parties de sainteté » de Bernard Lazare.

Il avait une douceur, une bonté, une tendresse mystique, une égalité d’humeur, une expérience de l’amertume et de l’ingratitude […] Il vécut et mourut comme un martyr. Il fut un prophète.

charles pèguy
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brice delamare

Jeunes demi-romain, mes passions sont la physique quantique et la biologie … ah non excusez moi, ceci est mon discours de S. La vérité c'est que mon esprit navigue au delà des frontières de l'histoire et de l'art dans des mondes abstraits ou règnes les œuvres antiques comme contemporaines. Quand je n'écrit pas un article, je dessine, architecture et mode sont mes thèmes favoris. Mais la lecture prend aussi pas mal de mon temps, à croire que les lettres de mon moulins m'aère l'esprit.

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