Explication : J.K. Rowling et la transphobie

Avant de commencer cet article, nous tenons à prévenir que certains propos cités peuvent être blessants ou choquants.

Points à retenir sur la transidentité

Pour mieux expliquer les événements actuels, il est préférable de rappeler quelques définitions primordiales. La transidentité est le fait d’avoir une identité de genre différente du sexe assigné à la naissance. Il est important de souligner qu’une personne transgenre ne doit pas forcément procéder à une opération pour être en accord avec le genre qui lui convient. Le mot « transsexuel » est à éviter, car il présente une terminologie fausse : la sexualité n’a rien à voir avec la transidentité. De plus, il est pathologisant puisque ce terme était utilisé par les médecins pour désigner la transidentité comme une maladie mentale. Même si cela peut paraître évident, il faut préciser tout de même que la transidentité n’est pas un choix pour les personnes concernées. La transphobie, quant à elle, est la haine envers les personnes transgenres.

J.K. Rowling : une autrice à succès

Joanne Rowling est une écrivaine britannique connue pour son heptalogie romanesque, Harry Potter, publié entre 1997 et 2007. Suite au succès mondial de son oeuvre, elle reçoit de nombreux prix littéraires, comme les prix Hugo, Locus et Bram Stoker. Elle devient dès lors une personne respectée et influente dans le monde de la littérature. L’adaptation de ses livres en films lui permet d’étendre son influence déjà conséquente à l’époque. La popularité de la saga et des autres produits dérivés de ses romans lui permet d’atteindre rapidement le statut de millionnaire.

L’univers d’Harry Potter touche un large public plus ou moins jeune, encore aujourd’hui, ce qui a pour effet de donner une influence colossale à J.K. Rowling. Cela explique pourquoi ces propos actuels sont aussi polémiques et critiqués.

Des propos révélateurs

  • Soutien envers Maya Forstater

« Habillez-vous comme bon vous semble. Appelez-vous comme il vous plaît. Couchez avec l’adulte consentant de votre choix. Vivez votre vie en paix et sécurité. Mais forcer les femmes à quitter leur travail pour avoir déclaré que le sexe est réel ? »

J.K. Rowling

Avant tout, rappelons le contexte de ce tweet. Maya Forstater est une femme ayant été licenciée par la faute de ses tweets transphobes. J.K. Rowling soutient cette femme à travers ce tweet, ce qui implicite qu’elle soutient ses propos. Ce tweet datant de 2019 est donc le prémisse de la polémique autour de l’écrivaine.

  • Des tweets transphobes

 » « Les gens qui ont leurs règles » Je suis certaine qu’il y avait un mot pour ces personnes. Que quelqu’un m’aide. Femben? Femmund? Foommud? »

J.K. Rowling

Pour contextualiser, ce tweet est en réaction à un article, nommé « Créer un monde post-Covid 19 pour les personnes ayant leurs règles ». Par ce post, J.K. Rowling se moque de la formulation « personnes ayant leurs règles » en ironisant sur le mot « Women » par ses dérivés. Cependant, cette remarque crée polémique étant donnée qu’elle oublie les hommes transgenres et les personnes non-binaires, qui ont aussi leurs menstruations. En premier lieu, nous pouvons croire à une simple maladresse de l’écrivaine. Toutefois, ses anciens tweets peuvent nous permettre d’en douter et ses propos futurs nous montre une réelle transphobie.

« J’ai écrit et parlé à propos de mes propres problèmes avec ma santé mentale qui comprennent des tocs, de la dépression et de l’anxiété. Je l’ai fais récemment dans mon essaie « TERF Wars ». J’ai pris des anti-dépresseurs dans le passé et ils m’ont aidés. »

« Les professionnels de santé sont préoccupés par le fait que les jeunes qui luttent contre des problèmes mentaux sont déviés vers les hormones et la chirurgie alors que ce n’est peut-être pas dans leur meilleur intérêt »

J.K. Rowling

Dans ce tweet, l’autrice compare les hormones à des anti-dépresseurs, ce qui insinue que la transidentité est semblable à une maladie mentale. Au risque de nous répéter, il est clair que la transidentité n’en est pas une. Par conséquent, J.K. Rowling décrédibilise les personnes transgenres par ce type de remarque.

« Beaucoup de personnes, moi incluse, croient que nous sommes en train d’assister à une nouvelle forme de thérapie de conversion pour les jeunes personnes homosexuelles, qui sont envoyés vers un traitement médicamenteux à vie qui pourrait aboutir à une perte de leur fertilité et/ou de l’entièreté de leurs fonctions sexuelles.« 

J.K. Rowling

Rappel : La thérapie de conversion est un ensemble de traitements pseudo-scientifiques utilisés dans le but de « changer » l’orientation sexuelle d’une personne. Elles sont aussi souvent proposées à des personnes transgenres.

Par cette remarque, l’écrivaine suggère que les personnes transgenres sont en réalité des homosexuels refoulés. Selon elle, les hormones et la chirurgie seraient un « moyen de conversion » pour qu’ils puissent s »intégrer dans notre société hétéronormative. Evidemment, ceci est faux. Il ne faut pas confondre la sexualité et le genre. Pour résumer, J.K. Rowling décrédibilise encore une fois la transidentité en niant son existence, avec une soutien malsain (car biaisé) envers la communauté gay.

  • Manifeste transphobe de J.K. Rowling : « J.K. Rowling Writes about Her Reasons for Speaking out on Sex and Gender Issues »

Extrait :

« Le nouvel activisme trans a un impact important sur beaucoup de causes que je défends, parce qu’il modifie la définition légale de « sexe » et le remplace par « genre » »

« Quand vous ouvrez les portes des toilettes ou des vestiaires à n’importe quel homme qui croit être ou qui s’identifie comme une femme »

« Une couverture aux prédateurs »

J.K. Rowling

Toutes ces citations montrent clairement la transphobie de l’écrivaine d’Harry Potter. J.K. Rowling est ce qu’on appelle une TERF (Trans-exclusionary radical feminist). Pour être plus précis, les TERF sont des « féministes » transphobes, qui estiment que les luttes trans rendent invisible les luttes pour les droits des femmes. Par exemple, les TERFs rejettent l’idée que les femmes trans sont des femmes. De plus, elle confond les notions de genre et de sexe.

Rappel : Le sexe et le genre d’une personne sont deux choses différentes. Le sexe concerne l’aspect biologique d’une personne et le genre est ce à quoi l’individu s’identifie dans la société.

Extrait :

« De nombreux amis, et de même des groupes entiers d’amis , devenaient transgenres en même temps »

« Contagion sociale et l’influence des pairs »

J.K. Rowling

Parmi ses arguments transphobes, J.K. Rowling cite soit de nombreuses sources douteuses soit affirme des « faits scientifiques et médicaux » inexacts. Ceci est un exemple parmi tant d’autre. Il faut souligner que J.K. Rowling n’est ni médecin ni scientifique. Ce genre d’affirmation est tout simplement de la désinformation sur la transidentité et nourrit les préjugés autour de cette communauté.

Conséquences

Le contenu des propos tenues par J.K. Rowling sont malheureusement dangereux et blessants. Au-delà du message transphobe qu’elle fait passer avec une certaine conviction, elle semble ignorer les conséquences de son influence internationale. Un grand nombre de personnes furent blessées et choquées par ses tweets, comme ses fans transgenres ou encore les alliés de cette cause. Par ailleurs, ses propos peuvent influencer et désinformer les personnes naïves de sa communauté. Par conséquent, ces personnes peuvent devenir inconsciemment des personnes transphobes à leur tour.

Plusieurs réactions ont eut lieu suite à ses déclarations. D’un coté, certains acteurs d’Harry Potter ont répondu aux tweets, en défendant la communauté trans, comme Daniel Radcliffe (alias Harry Potter) et Emma Watson (alias Hermione Granger). La société de production, Warner Bros a condamné ses propos. D’un autre coté, certains fans ou la maison d’édition Hachette la défendent en prônant la liberté d’expression ou bien une certaine maladresse. Toutefois, ces excuses ne sont pas valables, car ces propos transphobes sont réguliers et J.K. Rowling ne s’est pas remise en question suite à l’avalanche de réactions provoquées. De plus, la transphobie n’est pas une opinion en soit, mais de la discrimination, tout comme le racisme ou l’homophobie. Ce n’est donc pas une question de liberté d’expression.

Conclusion

La transphobie est un réel problème dans notre société. J.K. Rowling n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Sa célébrité a permis de mettre en lumière ce phénomène discriminatoire. Pour faire simple, afin de ne pas blesser la communauté trans, les personnes cisgenres (dont le genre correspond à leur sexe de naissance) doivent chercher les bonnes informations et être à l’écoute des personnes transgenres. Quelque chose que J.K. Rowling n’a pas su faire.

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Marion

Résumé de ma vie : le cinéma, la musique, l'art et... rire :)

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