Lycée Alphonse Daudet, le récit d’un monument aux multiples facettes

Qui n’a jamais rêvé d’entrer pour contempler l’intérieur de ce magnifique édifice? Cela tombe bien car aujourd’hui, je vais vous présenter le bâtiment du lycée Daudet tel qu’il a traversé les siècles. 


            L’histoire commence au 17ème siècle par la création d’un hospice par un jésuite, le père Richard. Il sera par la suite tenu par les dames religieuses de Nevers et sera renommé Hospice d’Humanité durant la Révolution. C’était un hôpital général qui s’occupait de populations considérées comme indésirables à l’époque, telles que les aliénés, les orphelins, les sans-abris…

Un mythe voudrait que le bâtiment ait été construit sur l’ancienne localisation d’une source thermale de l’Antiquité. Il s’est en fait avéré qu’il s’agissait plutôt de fossés visant à désengorger les rues lors de pluies trop importantes. Étant à proximité des remparts, ils auraient peut-être aussi eu une fonction défensive. 

            Le bâtiment a subi de nombreux agrandissements au cours des années, mais se trouva trop étriqué au début du XIXème siècle face à l’accroissement démographique de la région

            C’est en 1809 que Charles-Etienne DURAND, l’architecte des ponts et chaussées de la ville, propose des plans de restauration pour l’hospice. Les travaux ne commencèrent que le 5 août 1809, suite à la réception d’un décret impérial autorisant la commission administrative de la ville à réaliser les travaux de l’hospice d’Humanité en six ans

Charles-Etienne DURAND est né à Montpellier le 26 novembre 1762 et est mort à Nîmes le 26 août 1840, à l’âge de 77 ans. Il fût professeur d’architecture à l’école de la Société des beaux-arts à Montpellier avant d’être nommé ingénieur des ponts et chaussées à Nîmes en 1800. C’est lui qui est à l’origine du dégagement des arènes et de l’élargissement du boulevard Victor-Hugo. Il était également architecte des hospices de la ville. 

            En plus des agrandissements, Charles-Etienne DURAND fera réaliser, grâce au décret impérial, la façade constituée d’arches rappelant étrangement les arches des arènes. Mais si vous êtes attentif, vous aurez sûrement remarqué la frise se situant tout en haut de cette façade. Celle-ci représente près de cent-vingt scènes de vie de l’hospice, mais aussi de métiers et de la vie de tous les jours

            Cet hospice fût ouvert jusqu’en 1874, date à laquelle il fût transféré route d’Uzès.

            Il fût alors remplacé par un musée municipal, aussi appelé le Palais des Arts, dont la durée de vie fût éphémère. En effet, il fût fermé quelques années plus tard suite à des accusations de dilapidation des fonds publics

            Ce fût le 12 novembre 1881 qu’il a été décidé de construire le lycée pour garçon à l’emplacement de cet ancien musée. Ce projet ne commença qu’en 1883 avec une restauration complète du lieu, notamment des agrandissements avec la démolition des anciennes constructions du faubourg Saint-Antoine. La façade de l’hospice sera l’une des seules traces conservées de ce qu’était ce bâtiment. Les travaux seront effectués sous la directive des architectes FEUCHERE et DE GROLIER et seront achevés en 1887

Cette horloge fût construite entre 1887 et 1889 par Auguste Augière.

On peut y voir de nombreux symboles tels que les douze signes du zodiaque, deux représentations féminines que l’on identifierait comme les allégories de l’Art et la Culture, mais aussi une reproduction des Arènes surmontées de la Maison Carrée.

            Le lycée ne prendra le nom de l’écrivain Alphonse DAUDET que le 10 juillet 1967

Statue d’Alphonse Daudet sur le square de la Couronne à Nîmes
-Photo L-

Pourquoi Alphonse DAUDET ?

Tout simplement pour éviter de choisir entre les trois Gaston : Gaston BOISSIER, Gaston DOUMERGUE et Gaston DARBOUX, tous anciens élèves du lycée pour garçons. 

Gaston BOISSIER, né à Nîmes le 15 août 1823 et mort à Viroflay le 10 juin 1908, est un professeur, historien et philosophe français. Il fût élu au siège n°24 de l’Académie française en 1876 et est l’auteur de nombreux livres dont Cicéron et ses amis: Étude sur la société romaine du temps de César, écrit en 1865, qui fût salué par l’Académie française. Il faisait également partie de nombreuses autres Académies dont l’Académie de Nîmes.

Gaston DOUMERGUE, né le 1er août 1863 et mort le 18 juin 1937 à Aigues-Vives dans le Gard, est un politicien gardois. Il fût président de la République entre février 1923 et 1931, suite à la démission d’Alexandre Millerand.

Gaston DARBOUX, né à Nîmes le 14 août 1842 et mort à Paris le 23 février 1917, était un mathématicien français. Il est notamment l’auteur de nombreux livres tels que Leçon sur la théorie Générale des surfaces et les applications géométriques du calcul infinitésimal.

Ce lieu est devenu l’un des emblèmes de l’éducation nîmoise, que ce soit par l’architecture du lieu ou par les nombreuses personnalités qui ont commencé leur carrière sur ses bancs. 

            Ce bâtiment a traversé les siècles et, nous l’espérons, continuera à le faire. 

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