Pologne, l’Europe de retour en 1933

Le 12 juillet dernier, le monde a découvert avec effroi la victoire d’Andrzej Duda, qui repart pour un nouveau mandat. L’Europe subit alors une nouvelle crise interne qui pourrait être bien pire que la dernière – le brexit – avec la division de la Pologne. L’élection à la tête d’un pays d’une personne usant de propos et d’actes antisémites, homophobes et xénophobes rappelle étrangement les débuts d’une personne – tristement célèbre – dans l’Allemagne de 1933.

En effet, cette victoire n’est pas rassurante et fait déjà naître beaucoup de questions. Le 16 juillet la principale coalition de l’opposition conteste devant la Cour Suprême le résultat de cette dernière élection. Borys Budka, chef de la Plate-forme civique (PO) déclare à la presse que l’élection n’était ni « équitable » ni « honnête ». Alors que cette élection a été remportée de peu par Andrzej Duda qui gagne avec 51% face aux 49% de Rafal Trzaskowski, quelques irrégularités sautent aux yeux. Près de 2 000 personnes n’ont pas pu aller voter car soit disant leur dossier d’inscription sur les listes électorales avait été envoyé trop tard.

Cette situation inquiète, alors que l’Europe veut se montrer soudée pour la reconstruction d’un monde post covid. Il n’y a pas de place pour le retour d’un parti composé de personnes extrémistes.  Ainsi, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) s’est immiscée dans cette élection et déclare que cette dernière a été « ternie » par une partialité de la visibilité médiatique. L’OSCE révèle aussi que « la couverture par les médias publics a été marquée par une rhétorique homophobe, xénophobe et antisémite » provenant du parti vainqueur et de son candidat Andrzej Duda. Dramatique quand on pense que ce pays abrite le plus sombre lieu antisémite, le camp « Auschwitz Birkenau« .

camp de concentration et d’extermination – Auschwitz Birkenau

Le pays est au cœur de nombreuses discussions depuis que Andrzej Duda est aux pouvoirs. En effets, anti-LGBTQ+, il a autorisé les commerçants à ne pas servir les personnes LGBTQ+ au nom de la « liberté de conscience« . Des zones équivalentes à des régions françaises ont transformé leur territoire en « zones sans LBGT« , dont l’entrée est interdite aux personnes de cette communauté. Ces zones représenteraient au total près d’un tiers du pays. Ces nouvelles règles homophobes ont été annulées par la justice le 14 juillet et condamnées car elles allaient à l’encontre de la Constitution polonaise. Le juge a déclaré que c’était « refuser de voir la réalité« . Cependant, la peur est de retour car le président réélu pourrait légiférer afin que ces zones puissent resurgir. De plus, il souhaite interdire le mariage homosexuel et l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. L’adoption est d’ailleurs rejetée par l’opposition qui elle aussi se positionne contre. Selon un sondage de 2019 par CBOS, seuls 9% des Polonais sont pour l’adoption d’enfants par des couples homosexuels.

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brice delamare

Jeunes demi-romain, mes passions sont la physique quantique et la biologie … ah non excusez moi, ceci est mon discours de S. La vérité c'est que mon esprit navigue au delà des frontières de l'histoire et de l'art dans des mondes abstraits ou règnes les œuvres antiques comme contemporaines. Quand je n'écrit pas un article, je dessine, architecture et mode sont mes thèmes favoris. Mais la lecture prend aussi pas mal de mon temps, à croire que les lettres de mon moulins m'aère l'esprit.

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