La chloroquine, tout un récit pour rien ?

Nous connaissons tous ce médicament qui a fait l’actualité principale durant plusieurs semaines avec par moments des résultats positifs et par moments des résultats négatifs : L’hydroxychloroquine (dérivé de la chloroquine).

Hydroxychloroquine

La première fois que nous avons entendu que la chloroquine fonctionnait c’était le 19 février 2020 par une étude chinoise qui révélait une possibilité de traitement après des tests sur une centaine de personnes. Cette étude proposait un traitement de 10 jours avec une prise de 500 mg de chloroquine par jour. 

C’est quelques jours après que l’institut méditerranée, alias Didier Raoult révèle à travers une vidéo YouTube que la chloroquine est une grande chance de stopper l’épidémie :

Vidéo de Didier Raoult qui affirme que la chloroquine fonctionne d’après l’étude chinoise.

Quelques heures après, d’autres spécialistes des pôles santé invitent à la prudence avec ce médicament qui présente des effets secondaires dangereux (troubles du système immunitaire, des affections gastro-intestinales, nausées, vomissements, des troubles au niveau du foie…)

Le soir même (29 février 2020) le directeur général de la santé, Jérôme Salomon (qui auparavant parlait tous les soirs en donnant les chiffres de l’épidémie) a tenu un mot sur la chloroquine en disant que la communauté scientifique n’était pas vraiment convaincue.

Le 16 mars 2020, Le professeur Didier Raoult publie un rapport sur 20 personnes testées à la chloroquine (avec un ajout d’un antibiotique l’azithromycine). Pour lui 75% des personnes qui ont effectué ce test (atteint du SRAS-CoV2, un autre coronavirus) ont vu la charge virale disparaître en quelques jours.

Le 17 mars 2020, on apprend que le gouvernement autorise des essaies cliniques pour voir si la chloroquine a bien un effet positif (test en lien avec Didier Raoult).

Le 21 mars 2020, le ministre de la santé, Olivier Véran déclare :

Aujourd’hui, je n’ai aucune donnée suffisamment validée scientifiquement, médicalement, pour tendre à une recommandation.

Olivier Véran, ministre de la santé.

Le ministre de la santé, ce jour-ci a bien insisté sur le fait que rien n’était scientifiquement prouvé malgré les tests réalisés auparavant.

Quelques jours sont passés et les tests de la chloroquine ont continué. C’est ainsi que l’on apprend, le 25 mars 2020 d’après une étude chinoise que la chloroquine n’aurait peu voire aucun effet sur le Covid-19. Le test chinois était constitué de 30 personnes atteintes du Covid-19 : 15 ont pris la chloroquine et les 15 autres n’ont rien pris. Au bout de 7 jours les résultats étaient les mêmes pour les deux groupes. C’est ainsi que l’étude chinoise a contredit le professeur Raoult. 

Le 9 avril suivant, Emmanuel Macron rend visite au professeur Didier Raoult. Le professeur va alors lui présenter les résultats des tests qu’il a pu réaliser.

Le 14 avril 2020, le professeur Raoult met en avant l’idée que l’épidémie est en train de disparaître à travers une vidéo YouTube (à 0’40) :


Un mois plus tard, le 14 mai 2020, de nouvelles études sortent, notamment une étude chinoise et une étude Française qui mettent en avant l’inefficacité de la hydroxychloroquine. Une conclusion est à retenir d’après ces 2 études, il semblerait que la chloroquine ne soit pas si efficace contrairement à ce qu’affirmait l’institut Méditerranée.  

Le 15 mai 2020, des effets secondaires graves sont notables. En effet, d’après l’Agence du médicament, 141 cas d’effets indésirables au niveau cardiaque ont été relevé.

Le 23 mai 2020, le gouvernement souhaite revoir la prescription de l’hydroxychloroquine car une étude de « The Lancet » (parue le 22 mai 2020) sur 96 000 patients a montré inefficacité de l’hydroxychloroquine mais aussi de la chloroquine seule.

Deux jours plus tard, le 25 mai 2020, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) suspend tous les essais cliniques suite à l’étude du 22 mai.

Le 26 mai 2020, le Haut conseil de la santé publique demande de ne pas utiliser l’hydroxychloroquine contre le Covid-19 car il y a plus d’effets secondaires dangereux que d’effets bénéfiques.

Le 27 mai 2020, l’utilisation de l’hydroxychloroquine ou chloroquine contre le Covid-19 est interdite. Aujourd’hui l’utilisation de celle-ci est autorisé uniquement pour les tests cliniques et les patients à l’hôpital.

Aujourd’hui le professer Didier Raoult accuse que l’étude de « The Lancet » (du 22 mai 2020) aurait été fausse et trafiquée à son encontre Et, il va peut-être obtenir raison. En effet, les essaies cliniques ont été réouvert ce mercredi 3 juin 2020 par l’OMS (=Organisation Mondiale de la Santé).


Cette affaire de chloroquine n’a tout de même pas l’air d’être tout à fait terminée.

Pour finir, l‘hydroxychloroquine a donc été au cœur des débats médicaux pendant de longues semaines pour rien car son inefficacité a été prouvée. Il y a plus d’effets dangereux que d’effets bénéfiques. En effet, ils serait tout de même bête de mourir de la chloroquine alors que l’on a survécu au Covid-19. Mais cet histoire n’est pas tout à fait terminée, apparemment le professeur Didier Raoult n’a pas dit son dernier mot…


Auteur

You may also like...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.