Ça bat de l’aile pour les abeilles

Si les abeilles disparaissaient, l’homme n’aurait plus que quatre années à vivre.

Albert Einstein

Même si cette célèbre citation d’Einstein n’est pas totalement exacte, elle est vraie sur un point : les abeilles sont primordiales pour l’homme car elles sont un pilier de notre écosystème, sans elles 1/3 de l’alimentation mondiale partirait en fumée. Depuis quelques années déjà, nous traversons une crise qui ne touche pas uniquement les abeilles domestiques, mais une grande partie des pollinisateurs comme le bourdon, l’abeille sauvage et même certaines espèces de papillons. Aujourd’hui, le journal Le Nîm vous explique pourquoi ces insectes, si précieux à notre écosystème, sont en péril.


Entre 30 à 40 % des colonies européennes ont étés décimées en moins de 10 ans. Les scientifiques et apiculteurs s’accorde pour dire que cette véritable hécatombe est le fruit de plusieurs facteurs, que nous allons vous présenter ci-dessous.

Les pesticides

De nombreux pesticides et engrais sont en grande partie coupables de la disparitions des colonies et des nids d’abeilles. C’est ainsi que des substances comme les néo-nécotinoïdes (bien qu’interdits l’année dernière, les firmes responsables se débrouillent pour les remplacer par d’autres produits pas forcement plus respectueux de l’environnement). Cet insecticide est le plus répandu au monde, il est présent dans beaucoup de produits vendus par les géants de l’agro-chimie. Il agit sur le système nerveux central de nos pauvres butineuses, les laissant perdues, désorientées, avec l’impossibilité de retrouver le chemin de leur ruche, en proie à d’autres menaces.



Victimes de prédateurs

Depuis des années, les abeilles sont victimes de deux espèces qui déciment et détruisent les colonies (loin derrière l’Homme, évidemment).

Commençons par le frelon asiatique : arrivé sur le territoire en 2004 caché dans un chargement de poteries chinoises, cet insecte est un véritable danger pour nos abeilles car, pour lui, nos pollinisateurs ne sont qu’une source de nourriture ( les abeilles constituent approximativement 80% de leurs alimentation en ville et 45% en campagne). Ce sont de réels dangers pour nos butineuses car il suffirait de 5 à 10 frelons asiatiques pour menacer d’extinction une ruche entière.

Le deuxième destructeur de ruches dont je vais vous parler peut paraître inoffensif mais détrompez vous ! C’est l’exception qui déroge a la fameuse règle » la petite bête de peut pas manger la grosse ». Egalement débarqué d’Asie, le Varroa destructor est une espèce d’acarien parasite qui vit initialement aux dépends de l’abeille asiatique (Apis cerena), qui résiste à ses attaques, contrairement à l’abeille domestique européenne (Apis mellifera), qui succombent aux invasions de ces petits vampires. Pour se nourrir, la femelle pique l’abeille pour lui prélever du sang. En plus de l’affaiblir, ces piqûres peuvent transmettre divers virus, bactéries et champignons (comme le nausema espèce de champignon microscopique s’attaquant a l’instin des butineuses)  aux colonies. Face à ce fléau, les apiculteurs, sous peine de perdre leurs abeilles, ont dû s’adapter et changer leurs méthodes apicoles. Ils utilisent des traitements naturels à base d’actifs que l’on trouve dans la nature.



Une biodiversité sérieusement menacée

Actuellement, les pollinisateurs ne sont pas les seuls à être en danger, notre écosystème entier est concerné ! La monoculture (la monoculture est la culture d’une seule espèce de plante) nous conduit à un cerce vicieux car moins il y a de terres avec des plantes à fleurs, moins il y aura de pollinisateurs, ce qui réduira d’avantage la surface de terres contenant des fleurs, jusqu’à la disparition complète de ces plantes. Les abeilles sont responsables de la pollinisation de 80% des espèces, sans elles nous pouvons dire au revoir aux carottes, aux pommes, aux fraises, aux melons et à bien d’autres fruits et légumes qui constituent la base de nos repas. Comme je l’ai dit auparavant, ce serait 1/3 de notre alimentation qui partirait en fumée, nous obligeant à nous sustenter du peu d’aliments restant et à faire face à une probable disette. Un autre problème aussi met en danger nos abeilles, il s’agit de certains arbres qui peuvent s’avérer toxique pour nos mouches à miel comme le tilleul argenté présent dans de nombreuses communes.  De plus le changement climatique en cours apporte des  sécheresses et des Hivers plus doux qui affaiblirait nos abeilles. On déplore en moyenne 50% de pertes hivernales dans nos ruches. 



De mauvaises pratiques apicoles

Cela fait des années maintenant que les abeilles ont été l’objet d’une sélection génétique et de croisements avec des sous-espèces pour produire plus de miel et améliorer le confort des apiculteurs. Cependant, ces méthodes ont fragilisé l’espèce et participent maintenant à son extinction car elles rendent les abeilles moins résistantes aux différentes bactéries qu’elles peuvent rencontrer. Elles se défendent moins bien contre les nombreux assaillants de leur foyer, résistent moins bien aux écarts de températures de plus en plus présents (réchauffement climatique). A cause de la perte de la diversité génétique due à ces nombreux croisements et sélections, elle perdent aussi leur capacité d’adaptation génétique. Depuis des millions d’années, les abeilles ont évolué sans aucune intervention humaine, espérons que face à cette régression génétique que nous avons causée et dont nous ne connaissons pas encore toutes les conséquences, nous trouvons rapidement une solution.



Comment éviter la disparition des abeilles

J’espère que je ne vous ai pas trop donné le bourdon avec ce triste nectar d’informations et maintenant que vous êtes un peu plus éclairé sur les principales raisons de cet effondrement, vous devez vous demander comment vous pouvez participer et éviter l’extinction de nos butineuses. Il existe plusieurs actions et initiatives qui aideront à lutter contre cette extinction de masse. En voici quelques unes :

  • Vous pouvez avoir une ruche ou parrainer une ruche, car avec la création d’une colonie vous devenez acteur de cette lutte! Vous recevrez aussi plusieurs pots de miel chaque année ! Je vous mets un lien ci-dessous: https://www.untoitpourlesabeilles.fr/
  • Vous pouvez planter différentes fleurs bio dans votre jardin, de préférence des plantes mellifères car elles sont riches en protéines, nectar et pollen.
  • Vous pouvez consommer plus de miel provenant d’apiculteurs locaux. 
  • Si vous connaissez l’emplacement d’un nid de frelons asiatiques, signalez-le à votre commune qui se chargera de le détruire. N’essayez jamais de le détruire vous-même, ce sont des insectes très agressifs, vous mettre en danger n’aidera personne.
  • En parler : parler de ces initiatives à vos proches aidera vraiment à sauver les abeilles et plus les gens seront avertis plus il  aura de choses faites pour inverser la tendance.

Merci d’avoir lu notre article, nous espérons qu’il vous aura été utile et qu’il vous a plu ! A bientôt pour de nouveaux articles !


Crédits photographiques : Pixabay (image mise en avant), Pixabay (abeille dans la ruche), Quang Nguyen Vinh (homme arrosant des plantes), Arthur Brognoli (image apiculteurs), 

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Majd

Poses are red, violets are blue, you don't believe me? Then fuck you.

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