Quand le 7ème art s’invite à Cannes

Comme depuis maintenant 72 éditions, le festival de Cannes a enflammé la Croisette ! En cette année 2019 la parité homme-femme n’est pas encore à son paroxysme pour les films mais cela a encore progressé au niveau du jury (4 femmes pour 9 membres) ! Courage les filles, on va y arriver ! Comme chaque année de nombreuses célébrités ont honoré le tapis rouge. Mais mis à part le fait que nous y voyons des célébrités défiler dans leurs plus belles tenues et de multiples prix cinématographiques décernés, que savons nous de ce fameux festival ? Le Nîm est ici pour répondre à cette question ! (et pour vous aider à étaler votre «culture» s’il manque d’ambiance dans vos soirées)

Dès l’exposition universelle en 1937, la France veut renforcer son prestige culturel en créant un concours international de cinéma. À ce moment, le directeur de l’Association française d’action artistique (Philippe Erlanger) et des critiques de cinéma proposent au ministre des Beaux-Arts ce festival politiquement indépendant. L’idée est bien reçue, en particulier par les américains et les britanniques qui veulent boycotter la Mostra de Venise (festival international du film à Venise, particulièrement engagé politiquement à l’époque). Plusieurs villes se sont présentées pour accueillir ce nouvel événement, mais c’est Cannes qui sera finalement choisie pour son paysage et sa météo avantageuse. De plus, celle-ci avait décidé d’augmenter sa participation de 600 000 francs (et oui l’euro n’avait pas encore pointé son nez !) pour le comité des salles de réception et pour construire un palais spécialement destiné à l’événement. Louis Lumière accepte en juin 1939 d’être le président de la première édition devant se dérouler du 1er au 20 septembre. Malheureusement, même si tous les préparatifs étaient aboutis, cette grande première fut annulée le jour de son ouverture, car les troupes allemandes ont pénétrées en Pologne au même moment. La véritable première date du festival se déroulera donc après la guerre, du 20 septembre au 5 octobre 1946 dans l’ancien casino de Cannes.

Je finirai alors ce point historique avec quelques autres dates clefs pour ce festival :

– 1950 : Cannes devient le plus grand événement du cinéma mondial
– 1951 : Le festival commence à se dérouler au printemps
– 1974 : La Palme d’or remplace définitivement «Le grand prix du Festival international du film» (revenant au réalisateur du meilleur film)
1982 : Ouverture du palais des festivals

Fini le cours d’histoire, passons à l’actualité du festival de cette année ! Du 14 au 25 mai s’est déroulé le festival, tout juste suivi par les élections Européenne le 26. Comme un événement de cette ampleur n’est pas célèbre sans polémique, voilà celle de cette année :

«Les films de Netflix ont-ils leur place à Cannes ?»

Ce débat a eu lieu, comme l’année dernière, à cause du fait que ceux-ci ne respectent pas la chronologie des médias et ne passent pas en salle mais l’excuse «qu’aucun long-métrage ne seraient prêts pour mai» a premièrement été prise. Netflix a donc vu ses films évincés du concours, mais ne se sont pas laissé marcher sur les pieds : pour riposter, ceux-ci ont racheté les droits de 2 films primés pour contourner le règlement !

Cela va-t-il obliger le festival à accepter leurs films malgré le fait qu’ils ne passent pas en salle ou vont-ils décider de continuer d’honorer le combat cinéma en salle/SVOD ? Nous aurons certainement la réponse l’année prochaine !

En ce qui concerne le choix du président, cette année ce fut le tour du réalisateur mexicain Alejandro González Iñárritu, ayant reçu moult prix cinématographiques notamment pour Birdman (avec Michael Keeton) et The Revenant (avec Leonardo DiCaprio) ayant particulièrement fonctionné ces 5 dernières années. Quant au maître de cérémonie d’ouverture et de fermeture, le dévolu fut jeté sur Edouard Baer pour la 4ème année, et quel bon choix ! Cet artiste aux divers talents dans l’art visuel est venu nous enchanter de sa présence nous démontrant une fois de plus ses talents de maître de cérémonie. Il a alors parfaitement su mélanger humour et émotion avec sa façon de philosopher sur la signification des mots et du cinéma en général ainsi que son hommage à Agnès Varda qui nous a quitté cette année à l’âge de 90ans, laissant ainsi un immense vide dans le monde du cinéma. Cette femme fut aussi honorée avec une photo d’elle ayant servi d’affiche au festival de cette année :

La chanteuse belge Angèle (particulièrement appréciée chez notre rédaction) à elle aussi rendu un bel hommage a cette grande dame du cinéma en interprétant un titre de la bande originale de son film Cléo de 5 à 7. Le maître de cérémonie, tout en faisant l’éloge du miracle que les gens se déplacent encore en salle n’a pas pu se retenir de lancer :

« Le cinéma, c’est la salle de cinéma » mais aussi le fait « d’être ensemble plutôt que regarder Netflix tout seul »

ce qui se rajoute quelque peu au débat brûlant de ces 2 dernières années. La cérémonie fut par la suite ouverte par Charlotte Gainsbourg et Javier Bardem en espagnol et français pour saluer le président du festival.

Nota bene : Malgré le côté élitiste du palmarès du festival de Cannes (seul très peu de personnes voient les films primés qui sont souvent peu connus et complexes) le festival décide tout de même d’ouvrir ses portes à des aspects pouvant paraître plus populaires. Alain Delon : C’est dans une atmosphère vraiment bouleversante que celui-ci reçu la palme d’or d’honneur.Fâché avec le festival depuis plusieurs décennies, car celui-ci l’avait abandonné lorsqu’il s’était mis au cinéma populaire, il a enfin enterré la hache de guerre. L’acteur dit, je cite ‘Pour moi plus qu’une fin de carrière, je pense que c’est une fin de vie’, des mots très forts pour un moment très émouvant, nous espérons tout de même le garder longtemps. Silvester Stallone : Pour cet énorme figure du cinéma, une soirée exceptionnelle fut donnée ainsi qu’une masterclass. Cela a été fait pour honorer la carrière de cet homme mais aussi la sortie de Rambo V à la rentrée, que nous attendons déjà avec impatience !

Je finirai alors cet article en vous donnant le palmarès des récompenses officielles de cette année ! (ne me remerciez pas, je vous évite une recherche sur un autre site)

Palme d’or : Parasite de Bong Joon-Ho

Prix d’interprétation masculine : Antonio Banderas dans Douleur et gloire

Prix d’interprétation féminine : Emily Beecham dans Little Joe

Grand prix : Atlantique de Madi Diop

Prix du jury ex-aequo : Les Misérables de Ladj Lv et Bacurau de Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

Prix de la mise en scène : Le jeune Ahmed de Luc et Jean-Pierre Dardenne

Prix du scénario : Portrait de la jeune fille en feu de Céline Sciamma

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Marion

Résumé de ma vie : le cinéma, la musique, l'art et... rire :)

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1 Response

  1. avatar delamare Annie dit :

    bel article et beaucoup d’humour,j’adore!!

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